Expérience perso : la schizophrénie, qu’est ce ?

On se retrouve ce soir pour un article assez différent de ce que je pouvais proposer. La ou, en temps normal, je parle de sujets plus culturels, ce soir je vais parler d’un sujet beaucoup plus lourd et grave, et ça ne m’enchante pas de faire cet article

Depuis …16-17 mois a peu près, je voulais faire cet article, mais je n’ai jamais eu le courage de m’y mettre, par peur d’engranger des réactions incompréhensives, et de trop dévoiler des choses dont je n’aime pas me souvenir

Je vois souvent passer des choses qui ne me plaisent pas, sur Twitter notamment. Parmi celles ci, une en particulier m’interpelle : les gens, souvent, ne savent pas ce qu’est la schizophrénie

Qu’est ce donc que la Schizophrénie ? Je vais vous donner la définition de base, et vous raconter comment ça a pu impacter ma vie. Car oui, j’ai été diagnostiqué schizophrène il y a bientôt 5 ans, et suis soigné pour depuis cette période.

Alors. En 1er lieu, et j’insiste sur ça, la schizophrénie N’EST PAS une maladie rare. On estime sa prévalence à environ 1% de la population mondiale, ce qui fait plus de 70 millions de personnes dans le monde (en comparaison, nous sommes 67 millions de personnes vivant en France)

Deuxièmement, tout aussi important, il ne faut pas confondre ce que l’on appelle les TDI pour Troubles Dissociatifs de l’Identité. 

Souvent, on croit que la schizophrénie est un dédoublement de la personnalité, alors que pas du tout, car c’est ceci que l’on nomme Trouble Dissociatif de l’Identité.

La schizophrénie est une maladie du cerveau qui touche la pensée, les sentiments et les émotions, tout comme les perceptions et les comportements de la personne. Cependant, toutes ces fonctions ne sont pas perturbées au même moment et a mesure égale. De nombreuses personnes souffrant de schizophrénie peuvent avoir un comportement parfaitement normal pendant de longues périodes, de même qu’elles peuvent souffrir de périodes de crise.

Bien qu’elle n’affecte pas l’intelligence de la personne, la schizophrénie occasionne souvent un certain nombre de déficits cognitifs qui perturbent l’attention, la mémoire, l’apprentissage et le traitement de l’information. Ces déficits sont souvent présents dès le début de la maladie et diminuent la capacité de la personne à réagir de manière appropriée avec son milieu, ce qui occasionne souvent un décalage “social”, et une inadaptabilité a réagir normalement aux stimulis sociaux (waouh, j’ai réussi a écrire ça)*

Cette maladie a aussi d’autres répercussions que sur le comportement. Elle peut également attaquer les sens et perceptions de la personne, occasionnant par la même une sorte de paranoïa constante (en période de crise)

Un peu dans le désordre, voici une liste des possibles symptômes que peut ressentir une personne schizophrène

  • éprouver des difficultés à établir un contact avec son entourage ;
  • être envahie par des idées et des impressions étranges ;
  • avoir l’impression d’entendre des voix qui, bien que n’existant pas réellement, font partie de sa réalité ;
  • être prisonnière de ses hallucinations et de son délire ;
  • avoir une perception de soi partiellement, voire totalement altérée ;
  • avoir beaucoup de difficultés à distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas ;
  • avoir la conviction que certaines personnes lui veulent du mal ;
  • se replier sur elle-même et se comporter d’une façon bizarre ou imprévisible ;
  • se désintéresser de nombreuses choses: habillement, ménage, hygiène corporelle, gestion de ses biens ;
  • avoir des réactions émotionnelles étranges et incongrues ;
  • percevoir son entourage comme hostile ;
  • ressentir une insécurité permanente.

La schizophrénie est une maladie mentale qui peut être sévère et persistante. La maladie se manifeste par des épisodes aigus de psychose, suivis de divers symptômes chroniques. Le début de la maladie peut être progressif, s’étalant sur quelques semaines ou quelques mois. Dans bien des cas, la schizophrénie fait son apparition de façon tellement insidieuse et graduelle que les personnes qui en sont atteintes, ainsi que leur famille, prennent parfois beaucoup de temps à s’en rendre compte, comme dans mon cas. Elle peut aussi apparaître très soudainement.

De plus, cette maladie se manifeste dans la majeure partie des cas entre  15 et 30 ans. Elle peut apparaître avant ou après, mais ça reste des cas très rares.

Bref, voila pour l’explication “brute” de ce qu’est la schizophrénie. On va passer a la partie personnelle, celle ou je raconte ma propre expérience.

Dans mon cas, on parle d’un cas de schizophrénie juvénile. A savoir que, dans mon cas, la schizophrénie s’est déclarée bien avant 15 ans.

De tout temps, j’ai été très fermé. A l’école, je ne m’ouvrais pas aux gens. Au collège, j’ai commencé a subir différentes sortes de harcèlement et diverses moqueries, car j’étais différent des gens, un peu comme une bête de foire.

Le lycée a été un peu mieux, mais en gros j’étais l’ami sympa mais un peu bizarre avec qui il ne valait pas mieux être vu en train de parler.

Tout ça parce que j’avais peur des gens. La maladie parasitait mes liens sociaux avec les gens, et en plus j’avais peur de faire des crises de panique en public, ce qui aurait été dramatique je crois. Au final, j’ai toujours su cacher mes crises, ce qui fait qu’au lieu de passer pour “le mec fou” je passais juste pour “le mec bizarre mais gentil”

En plus de ça, j’ai toujours eu des facilités scolairement parlant, donc je savais me rendre utile. Au lycée, j’étais vu par les gens de ma classe comme étant la personne a voir pour faciliter les devoirs, donc j’ai réussi a me faire accepter.

MAIS, même si personne ne m’a jamais vu faire de crises, ça ne veut pas pour autant dire que je n’en ai jamais fait. Durant une période de crises, celles ci peuvent arriver a tout moment, a l’improviste. En pleine crise, j’entendais des voix dans ma tête, avait l’impression de me faire fixer par des yeux invisibles, l’impression que le monde entier complotait sur moi, disait des choses méchantes dans mon dos …a cause de ceci, j’étais plus ou moins socialement inadapté, car, même quand je n’étais pas en période de crises, il restait des réminiscences de ceci, qui faisaient que j’avais peur de me rapprocher des gens, et du coup préférait me réfugier dès que possible dans mes rêveries.

En revanche, cette inadaptabilité sociale occasionne également ce que l’on peut appeller une dépendance affective. Comme je cherchais pas a briser ma coquille et me rapprocher des gens, je souffrais d’un manque criant d’affection. Ce qui fait que, si une personne parvenait a briser ma coquille sociale, je m’accrochais a elle, faisait tout pour elle, et demandait d’elle le maximum, ce qui est usant pour la personne est mauvais pour moi, car une personne mal intentionnée peut en profiter pour me tromper.

Ceci a duré jusqu’a ce que l’on place un diagnostic sur la chose, a mes 22 ans. Depuis, je prends tout les soirs un médicament assez lourd, le Risperdal. C’est un traitement lourd, mais très efficace. J’ai fait des progrès spectaculaires, et, même si je suis toujours dépendant affectif, je suis devenu beaucoup plus ouvert et social.

Rappellez vous que la schizophrénie est une maladie grave et vraiment très incapacitante. Elle se soigne peut être très bien (j’en suis un parfait exemple) mais c’est un sujet dont il ne faut pas rire a la légère car certains peuvent le prendre mal.

Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée, en espérant avoir éclairé votre lanterne 🙂

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La Lune, rêve inaccessible ? (Critique de To the Moon)

Il est de ces jeux, des fois, qui nous transportent dans leur propre univers, et qui, l’espace de quelques heures, nous permettent de rêver, comme un enfant peut le faire. To the Moon fait partie de ce genre de jeu.

Mais qu’est ce que To the Moon, exactement ? Eh bien, il s’agit d’un jeu développé par le studio indépendant Freebird Games, un studio fondé par le canadien Kan R. Gao, qui se targue d’être un “RPG-Aventure” possédant beaucoup de similitudes avec le style du Point’n’click, et racontant une histoire, un peu comme un Visual Novel.

Qui dit RPG dit, souvent, combat, gestion de l’experience, tout ça tout ça. Oubliez ça ici. A part une scène a portée humoristique, le jeu ne possède pas de combat.

L’histoire semble, en apparence simple. Nous contrôlons 2 personnes, les docteurs Neil Watts et Eva Rosalène. Ce sont deux docteurs qui contrôlent la mémoire des personnes pour leur permettre de réaliser leur voeu le plus cher, au biais d’une machine. C’est bien beau me direz vous, mais il s’avère vite que le processus est si compliqué que les docteurs Watts et Rosalène ne peuvent le réaliser que sur des personnes aux portes de la mort.

Le docteur Watts est du genre a avoir la plaisanterie facile, trolle parfois beaucoup, et parle beaucoup de “culture geek” (comme qui dirait) et de jeux vidéo, pendant que le docteur Rosalène est plus sérieuse et réservée, et n’hésite pas a ramener son collegue a l’ordre. Les discussions entre eux deux font tout le sel du jeu, avec des piques fréquentes envoyées a l’un ou l’autre et des discussions a mourir de rire parfois.

Nous commençons le jeu dans une grande maison a flanc de falaise, cotoyée seulement par un phare. Lequel phare sera très important dans l’histoire. La maison est occupée par un vieil homme appellé Johnny, en fin de vie, qui est assisté par une femme appellée Lily et ses 2 enfants. Vieil homme en fin de vie + docteurs Watts et Rosalène …je dois vous faire un dessin ? 😛

Bref. On apprend que le voeu le plus intense de Johnny est d’aller sur la Lune (d’ou le titre du jeu), mais personne, pas même lui, ne connait la raison qui le pousse a vouloir tellement que ce souhait se réalise. Donc, les docteurs sont obligés de remonter ses souvenirs pour comprendre POURQUOI il souhaite tellement ça.

Et la, un 2ème problème se pose. Johnny est en fin de vie, très faible, et cette opération est très exigeante. Il faut faire en sorte que cette opération ne lui coûte pas trop pour, ensuite, pouvoir réaliser son rêve.

Donc, nous voila partis dans les souvenirs de Johnny, a remonter toute sa vie en sens inverse, de la vieillesse a l’enfance. Nous découvrons également sa femme, River, que Johnny aimait tellement qu’il a tout sacrifié pour elle. River, qui était pour le moins …bizarre. Nous entendons également parler d’une certaine Anya, dont le spectre flotte au dessus de la relation entre River et Johnny, mais qu’on ne voit jamais.

Nous en apprenons beaucoup sur les penchants de Johnny, son goût pour les olives, etc. Nous apprenons ses secrets les plus enfouis, pourquoi sa mère, étant gamin, l’appelait Joey.

Tout cela accentué par la réalisation artistique du jeu. Faite entièrement par Kan Gao, le jeu est dévellopé via RPG Maker, en 2D, ce qui apporte un certain charme. La musique est également composée par Kan Gao, avec l’aide de Laura Shigihara, qui a prêté sa voix pour une chanson. La bande son est l’une des plus belles qu’il m’ait été donné d’écouter de toute ma vie, et renforce tellement le côté immersif du jeu

Juste en dessous, voici une vidéo montrant une scène du jeu. Potentiel spoil, je ne vous conseille pas de la regarder si vous ne voulez pas vous spoiler

Bref, ce jeu, représente pour moi tout ce que l’on entend quand on parle du jeu vidéo en tant qu’art. Il ne possède pas forcément des graphismes photoréalistes, mais ils servent parfaitement les intérêts du jeu en tant qu’ensemble. La musique est magnifique et sert aussi les intérêts du jeu, qui, l’espace de 4 a 6h, nous permet de nous évader, rentrer dans un autre monde et suivre les pérégrinations attendrissantes d’un vieil homme.

Faites ce jeu.

#TinkyStories : la lune, ce fantasme

Voila ma participation pour “Des Babtous & des Lettres” de ce soir. Le thême est “fantasme lunaire” et on a 600 mots imposés. J’en suis déja a 25 actuellement, donc, 3 2 1 go !

PS : mettez cette musique avant, ça va aider pour l’immersion

PPS : je vais me lancer dans le style de l’essai philosophique/culturel pour cette contribution. Ce n’est pas une fanfic, je m’en excuse

 

La Lune est un astre essentiel a la vie humaine. Gardienne de nos nuits, elle veille sur nos rêves de sa douce lueur bienveillante. Les hommes se sont habitués bien vite a sa présence, a tel point que nos calendriers actuels sont basés sur son parcours. En gros, elle nous est indispensable.

De tout temps, les gens ont chanté sa beauté. Elle apparait dans plein de mythes de différentes ethnies et époques, depuis l’égypte antique a nos jours. Je vais vous les conter, de manière succinte, sinon on y est encore demain.

Déja, du temps de la grande Babylone, l’on pensait que la Lune était Sin, le Dieu Lunaire, père de Shamash, le Soleil. Tout les soirs, Sin monte dans sa barque lumineuse et chasse les ombres. Mais les ombres n’aiment pas Sin, donc elles l’attaquent, masquant petit a petit sa lumière, jusqu’a ce que les autres Dieux lui viennent en aide et le libèrent, expliquant ainsi la course de la Lune.

Si ça ne vous parle pas, connaissez vous la Mythologie Japonaise ? Si je vous dis que le Dieu de la Lune Japonais s’appelle Tsuki-yomi, et qu’il veille sur notre ciel avec sa soeur, la Déesse du Soleil Amaterasu, ça ne vous rappelle rien ?

La Lune fait aussi partie de notre culture, comme vous pouvez le voir ici. Les noms que je vous ai donnés ici, pour peu que l’on ait un minimum de culture, sont connus.

Dans les Mythologies du Nord de l’Europe, la Lune est masculine et le Soleil est féminin. Elle est représentée par Mani, Dieu de la Lune, fils de Mundilfari et Glaur, et sa soeur Sol est la Déesse du Soleil.

Mani, que l’on peut écrire en Islandais “Mana” est représentée dans beaucoup d’éléments de la culture dite “Geek” tout comme sa soeur Sol.

Mana, comme dans la série de Jeux Vidéo du même nom, avec le célébrissime Secret of Mana. Sol, comme le Temple de Sol dans Golden Sun.

La Lune, en plus de cristalliser les fantasmes des hommes, a toujours été très mystérieuse. Aujourd’hui, 21 juillet 2016, fêtons les 47 ans d’une scène mythique. Si je vous dis “un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité” ça vous évoque quoi ?

Ce 21 juillet 1969, que je n’ai pas connu (du moins, pas dans mon corps actuel Kappa) ou un homme random (a l’époque) a foulé pour la 1ère fois le sol de la Lune, donnant soudain a plein de gens le rêve de faire comme lui.

Ce rêve, que j’ai, comme Johnny dans To the Moon, d’aller sur la lune, beaucoup de gens le partagent. Les rêves sont essentiels a la vie humaine, ils nous font nous battre et nous apportent de beaux moments …

 

Voila. Je clos ma dissertation ici o/

J’espère que faire un texte un peu plus sérieux et neutre vous a plu, sinon je ne le referais pas o/

#TinkyStories : rétrospective des années d’insouciance

Voila, ce petit texte est pour le “Babtou et des lettres” de ce soir, sur la chaine Twitch de Tinky

Le thême de ce soir est “vieillir”, avec 500 mots max imposés. Voila ma contribution

Je précise que je parlerais du personnage principal sous le nom de “Tom”. Il s’agit d’un nom d’emprunt, utilisé pour les besoins du texte. Les gens qui connaissent mes goûts en matière de livres, en particulier mon amour pour une série, s’y retrouveront dans le style d’écriture.

 

Tom posa sa plume, l’air tourmenté. Il venait, 8h durant, de finir de compiler un manuscrit, et tout son corps demandait grâce.

Ses années d’activité étaient loin derrière lui. Ces années, ou il enchainait durant de longues heures les travaux physiques, sans jamais flancher physiquement. Ces années ou la flamme de la jeunesse brûlait en lui avec passion, le consumant de l’intérieur.

En y repensant, des années plus tard, il se rendit compte qu’il avait salement maltraité son corps durant ces années la.

Il était alors, a l’époque, matelot dans la Marine Royale. Il s’était engagé a 15 ans, partant du bas de l’échelle, grimpant dans la hiérarchie au gré de services exceptionnels rendus a la Marine, et a la Nation par voie de conséquence.

A la fin de ses années de service, il était au faite de la gloire. Capitaine de son navire, adoubé et fait Chevalier par la Reine elle même.

A l’époque déja, il commençait a vieillir. Il avait vécu des batailles, essuyé des tempêtes d’une puissance effarante. Une fois fait Chevalier, il avoua a la Reine son envie de se retirer. De telle sorte, il quitterait la Marine au faîte de sa gloire, car il ne pouvait pas grimper plus haut.

20 ans ont passé depuis ces évènements. 20 ans qu’il a passés dans un petit cottage appartenant a sa famille. Loin dans les terres, loin et oublié de tous. C’est a ce moment qu’il prit le pseudonyme de Tom, pour oublier toute trace de son ancienne vie.

Cependant, plus les années passent, et plus Tom se dit qu’il n’est plus l’homme qu’il était. Quand on est jeune, on est insouciant. On est persuadé que le monde nous appartient, et on agit sans réfléchir aux conséquences.

En vieillissant, on se rend compte que chaque action a un prix. Son corps est perclus de douleurs, il soupire après ses années d’insouciance. Cependant, son esprit, lui, devient de plus en plus aiguisé avec le temps.

Il accumule du savoir, comme une plante absorbe le soleil. Il accumule du savoir, et couche son expérience sur le papier. Les gens de son village le considèrent comme un érudit, et le consultent pour qu’il les conseille.

Il n’a plus son corps d’avant, mais il a l’esprit, et la reconnaissance des gens. Voila ce que c’est, de vieillir.

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C’est tout pour moi. 380 mots, je propose un petit texte ce soir.

Et, Tinky, je t’accorde un message. Aujourd’hui, c’est ton anniversaire. Je voulais te dire merci. Grâce a toi, je connais des gens vraiment super, que j’aime retrouver sur ton chat. Toi aussi tu es un mec en or. Tu me fais rire quand je vais pas bien, je prends plaisir a venir sur tes streams. Merci, et change rien.

 

Keur ❤

#TFGA18 : les accomplissements de ma vie de gamer

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Donc, voila. J’ai 25 ans, bientôt 26, j’ai eu ma 1ère console en 1995. Depuis, j’en ai passé des heures, a jouer.

Sur un tel temps passé a jouer, j’ai accompli beaucoup de choses, dans ma vie, dans les différents jeux auxquels j’ai joué, etc.

Mais a quoi bon cette intro nostalgique, me direz vous ? Eh bien, pour son TFGA, Alex nous invite a faire une rétrospective de notre vie de gamer, voir ce qu’on a accompli.

Ce thême en a rebuté beaucoup a son annonce le 10 mars dernier. Moi même, quand je l’ai appris, j’ai séché au début. Je me disais “qu’ai je pu faire dans les jeux vidéo dont je sois fier ?” …et la réponse est pas grand chose, car je vous avouerais que le skill et moi, en JV, ça fait pas bon ménage. Au moins, sur les RPG, on utilise plus sa cervelle et son sens stratégique que ses réflèxes, amateurs de performances de haut vol vous pouvez passer votre chemin.

Et puis j’ai capté. Je me disais “qu’ai je pu faire DANS LES JEUX VIDEO” mais …les performances vidéoludiques ne définissent pas totalement le gamer en moi. Le jeu vidéo a eu des répercussions sur ma vie, en a encore plus avec le temps qui passe. Ici, je vais vous présenter une retrospective de ma vie liée a ma passion.

5 ) Accomplissement vidéoludique : avoir réussi a capturer Ho-oh dans Pokémon Crystal

Suicune battle thême

(Alors oui, je sais que c’est pas le même pokémon, mais j’ai juste mis le thême le plus emblématique de la version Crystal a mon sens)

En 5eme, j’ai donc choisi de mettre un accomplissement vidéoludique, qui sera le seul de mon Top.

Ca ne semble peut être rien, mais, capturer Ho-oh dans Crystal était tout sauf une gageure. En effet, rappellez vous le déroulement des choses. On réveille les 3 chiens légendaires, Entei et Raikou s’enfuient et Suicune décide de nous tester pour qu’on lui prouve notre valeur. Il se montre souvent a nous, Eusine nous suit, décide de se battre contre nous. Et ce jusqu’a ce que Suicune décide qu’on soit assez brave pour le défier.

Il faut le capturer, et la on apprend que pour être digne de voir Ho-oh il faut AUSSI capturer les 2 autres chiens. Je ne sais pas si vous vous rappellez la difficulté a capturer 2 pokémon fuyards.

Il m’a fallu une vingtaine d’éssais pour capturer Raikou, mais Entei a été tout sauf une partie de plaisir. Je ne devais pas avoir de chance, mais j’ai craqué plein d’hyper ball, de masse ball, etc, pour pouvoir le capturer.

Jusqu’a, Dieu merci, que je réussisse ENFIN a le capturer ! ENFIN, j’étais digne de monter voir Ho-oh, mon légendaire favori ! Avec le recul, et vu de mon regard d’enfant, je suis fier de ça.

4 ) Accomplissement matériel : ma collection actuelle de JV

S’il y a bien un truc dont je suis fier, c’est ça. Ma collection actuelle de jeux et consoles. Elle est moins étendue que celle de beaucoup, je dois avoir a peu près 120 a 150 jeux (je ne sais pas le nombre exact, faudrait que je vérifie) répartis sur 9 consoles (Game Gear, GBA, DS, 3DS, Gamecube, Wii, Wii U, PS3, Dreamcast) mais si je décidais de la revendre je pourrais toucher un certain pactole vu les raretés que je possède (je ne parle QUE DES CONSOLES QUI M’APPARTIENNENT)

Effectivemment, les pièces dont je suis le plus fier sont indéniablement les Ace Attorney en boite, en français, mais je possède quelques autres jolies pièces, essentiellement du RPG. Tout les Final Fantasy sur console portable (notamment mon FF6 GBA) tout les Fire Emblem depuis la GBA, tout les Pokemon, les Golden Sun, Castlevania DS et GBA, et des jeux isolés comme Chrono Trigger, Suikoden Tierkreis, Hotel Dusk et Last Window, Ghost Trick, …

3 ) La réputation dont je jouis dans le milieu de la stratégie pokémon

Comme vous le savez, j’en ai déja parlé précedemment sur ce blog, je suis un gros joueur de Pokémon. J’ai commencé la stratégie avec la 6eme génération, mais je m’informais depuis longtemps avant ça. La 6eme génération, qui a commencé il y a bientôt 2 ans 1/2. 

J’étais plus ou moins inconnu dans le milieu de Pokémon avant ça, et je suis parti de rien du tout. J’ai commencé de 0, enchainé les combats. J’ai eu des gens qui m’ont poussé a m’améliorer (Taj, tu ne liras pas cet article, mais sache que si j’en suis la actuellement, c’est en grande partie grâce a toi), je me suis forcé a tout le temps donner le meilleur de moi, et c’est grâce a ça que j’ai mon niveau actuel. Et grâce a ça, je commence a avoir une certaine réputation, que ce soit dans nos tournois a Bordeaux comme au niveau national.

Les gens me connaissent, je deviens célèbre dans le milieu. Et a Bordeaux, je fais partie des têtes d’affiche. Des gens viennent a nos tournois pour me voir, veulent nous inviter a leur propres tournois, et tout. Je jouis d’une reconnaissance que je n’avais jamais eue, c’est une grosse revanche sur ma vie, et ça me fait du bien, putain !

2 ) Mon combat contre ma maladie dans le milieu du JV

 

Lors d’un article, il y a quelques mois, je vous avait expliqué que je vivais avec une maladie assez problématique. Une maladie qui ne guérira pas, pour laquelle je loupe une semaine par mois afin de suivre un traitement. Une maladie qui baisse mes capacités physiques, et notamment mes réflexes (je vous en parlais en début d’article).

C’est un combat permanent. Je pars avec un handicap dans les jeux vidéos, notamment Super Smash Bros. Car qui dit moins de réflexes, dit moins de facilités. Mais grâce a la pratique, je parviens a rattraper ça. J’ai pas un énorme niveau, mais je me défends. Ca a été l’histoire d’heures d’entrainement, mais réussir a gagner mon combat contre la maladie est gratifiant.

Et en numéro 1 …*

1 ) Les personnes que j’ai rencontrées grâce a ça

Je ne le répeterais jamais assez. Sur Twitter notamment, ma passion du Jeu Vidéo m’a permis de rencontrer des gens exceptionnels, et même de me forger une Twitter Family (Darky, Wiwine, Yonyon, Edwige, je vous aime plus que vous ne l’imaginez) 

Grâce a ça, je vous ai tous, vous êtes tous exceptionnels (sans exception) et c’est indéniablement ce que j’ai accompli de plus grand et ce dont je suis le plus fier. Partager, n’est ce pas le but d’une passion commune, après tout ?

Merci ❤ (Et du coup, ceci est parfait comme mot de la fin. A bientôt)

[BloodiesChallenge] Mes souvenirs de Pokémon

Aujourd’hui était une journée de boulot comme toutes les autres (du moins, avant l’instant t dont je vais parler) quand soudain, n’ayant pas trop de boulot, je me connecte sur Twitter via mon téléphone intélligent (ou smartphone, si vous préfèrez 😀 )

Je mate 2 3 tweets, quand soudain je reçoit un tweet de mon collègue blogueur et ami (suivez le, il est aussi barré que moi) Kev the Duck.

Je regarde, et je vois qu’il s’agit d’un nouvel article de son blog, un Tag, pour lequel il m’a nominé. Ni une ni deux, je regarde, et voit qu’il s’agit d’un tag lancé par un confrère blogueur, que je connais de nom mais pas plus. Il s’agit de Bloodies.

Je les remercie les 2, pour avoir crée le tag, et m’avoir nominé. Car il s’agit d’un tag pour rendre hommage aux 20 ans de Pokémon. Or, Pokémon, il s’agit de ma licence maîtresse, la licence qui me passionne le plus et celle pour laquelle je vis. Mais, voila, passons a l’explication

Et pour l’explication, au lieu de me lancer dans des discours sans queue ni tête, je vais rendre hommage a Bloodies en copiant son article. Car, comme il dit

“Maintenant c’est à ton tour de jouer ! Tu as juste à faire ce que tu veux , un article, une photo, un tweet, un dessin, etc. Ensuite partage en utilisant le lien de ton ( ou mon ) article et #Pokemon20  puis tague 2 personnes afin d’en faire de même 🙂. En espérant que l’idée te plaise et que ton partage et celui des autres personnes seront tous aussi plein de nostalgie et de passion !”

Voila. C’est clair, et concis en plus. Sur ce, je vais vous raconter ce que Pokémon représente pour moi, puis je vais vous donner mes meilleurs souvenirs liés a la licence (qui, vous le verrez, sont vraiment très proches du présent ^^)

Bon. Pour moi, mon passé commun avec Pokémon se sépare en 3 parties. L’enfance, l’adolescence, et l’age “adulte” (j’entends pas par la 18 ans, mais vraiment le moment ou j’ai eu mon indépendance financière)

Tout d’abord. Pokémon, les jeux, sont arrivés en fin d’année 1999. Et, de mémoire, on a commencé a en entendre parler en France a la rentrée scolaire 1999. J’ai découvert la licence grâce a l’animé, qui a fait une entrée remarquée. Un magazine de télé en parlait, je suis tombé dessus, j’ai adoré le principe, j’ai de suite adoré l’animé …quelle ne fut pas ma joie quand j’ai appris qu’un jeu allait sortir.

Noël 99. J’avais 9 ans, une (oui, je dis UNE et vous zut !) GameBoy color, ça faisait 5 ans que je trainais dans le monde du JV. Et je fus tellement heureux quand j’ai vu cette boîte rouge, avec un dragon ayant une queue en feu dessus (les pervers, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! 😮 )

Ceci est mon 1er gros souvenir de la licence. J’ai dévoré Pokémon Rouge, Jaune a suivi (la 1ere version ou j’ai complété le pokédex), puis j’ai découvert Pokémon Or et Argent 2 ans apres Rouge, et surtout Crystal 3 ans après. Crystal, qui est certainement la version que j’ai le plus dévoré. J’y ai joué facilement 800h au total, c’est a ce jour la version sur laquelle j’ai le plus joué (sur une partie, pas forcément en cumulé).

Rubis Saphir sont arrivés, puis Rouge Feu Vert Feuille, que j’ai eus (les 4) en retard, c’est qui s’explique par le fait qu’en 2003 (lors de la sortie de Rubis Saphir) j’avais 13 ans, et je fais partie d’une famille qui, même sans être riche, ne roulait pas sur l’or. J’avais un jeu par an, donc voila, too much jeux a avoir et pas assez que j’obtenais réellement.

Ceci est la fin de ma 1ere période avec Pokemon. Oui, je n’ai pas parlé de Pokémon Emeraude, car je ne l’ai découvert que bien plus tard.

Commence la 2eme partie de ma vie Pokémonesque. Qui a duré le temps des opus DS. Oui, j’ai eu une DS en 2005, puis une DS Lite en 2007-2008. Mais j’avais toujours cet état de fait : ma famille n’avait pas les moyens de me payer de jeu, et en 2007, pour Pokemon Perle, j’avais 17 ans, passait mon Bac, et me préparait a partir en Fac. Donc niveau finances, il y a mieux comme situation. Ce qui fait que j’ai investi dans un R4. Et ça a été la délivrance pour moi. Je découvrais le plaisir d’avoir soudainement plein de jeux a jouer. Grâce a ça, j’ai fait Pokémon Perle en Juin 2007 dans sa version anglaise (la version française sortait en Aout et j’étais trop impatient pour attendre). J’ai fumé le jeu, en anglais …et l’ait refumé ensuite 1 mois plus tard, en français. La 4G, avec son lot de nouveautés juste décisives, qui ont posé la base des combats Pokémon actuels (la nouvelle nomenclature physique/special/statut, les climate inducers, c’est a dire les Pokémon qui apportent un climat a leur entrée) et surtout, la 4G est peut être la génération ou il y a le plus de Pokémon utilisables en stratégie actuellement (Togekiss, Dimoret, Scorvol, Magnezone, Simiabraz, Pingoléon, Archéodong, Carchacrok, Hippodocus, et tellement d’autres …)

Ca, ça a duré jusqu’a la sortie de Platine …Ma R4 a rendu l’âme le JOUR DE LA SORTIE DE POKEMON PLATINE. Pleurs, rage intense. Avril 2009. (le 21 Avril il me semble, pour vous dire). A cause de ça, pause forcée de Pokémon. Pas pu jouer a Platine ni Heartgold/Soulsilver. Ma pause a  duré jusqu’a Septembre 2011. Pokémon Noir et Blanc sortent, je les achète 2 jours avant leur sortie. L’enfant prodigue est de retour. Sur l’année qui a suivi, je n’ai joué qu’a Pokémon. J’ai dévoré Noir Blanc, j’ai acheté Platine, Heartgold, ET J’AI ENFIN PU DECOUVRIR EMERAUDE ! L’année 2011/2012 a été riche en Pokémon pour moi, et marque le début de ma 3eme période de Pokémon. L’indépendance financière, qui marque le début de ma passion dans sa plus grande expression.

Noir et Blanc 1ers du nom ont aussi été le début de mon entrée dans la stratégie Pokémon, de manière théorique (je lisais des articles, j’apprenais comment monter une équipe stratégique, etc). Je suis passé a la pratique avec Noir et Blanc 2, en 2012. Enfin, passé a la pratique. J’en étais encore aux balbutiements, car le build de Pokémon en 5G était un peu hardos.

On passe a Fevrier 2013. J’etais chez moi (j’avais fini mes études, attendait d’avoir un boulot et attendait également une forte rentrée d’argent, quand, en traînant sur Internet, j’ai vu un Pokémon Direct qui annoncait Pokémon X et Y en Septembre sur 3DS. Je suis tombé sous le charme, et me suis dit “il me faut une 3DS avant ça”.

La 3DS, je l’ai eue en Juin. J’ai eu ma rentrée d’argent a ce moment, et la 3DS a été mon tout 1er achat. 3DS collector Fire Emblem Awakening.

J’ai eu Pokémon X 2 jours avant leur sortie. Le matin de la sortie et 25h de jeu plus tard, je finissais le jeu. Et ça a marqué un déclic. C’est a partir de ce moment la que j’ai commencé a me consacrer totalement a la stratégie Pokémon. Mon 1er tournoi a été l’Hiver des Gamers en Fevrier 2014 a Bordeaux. Le résultat a été mauvais pour moi (éliminé en poules) mais j’ai rencontré le 3DSinBordeaux et donc mes amis les plus proches ce jour la.

Depuis ce jour, les rencontres 3DSinBordeaux rythment mes semaines, entrecoupées de tournois. Notamment des tournois a Agen (pas de photos restantes de l’évènement, hélas) mais aussi a :

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Vous ne me verrez pas dessus, la il s’agit du podium et j’ai malheuresement fini 4eme, mais celui du milieu est Taj, un pote qui s’était déplacé avec nous de Bordeaux, contre lequel j’ai perdu en demies finales d’un rien et qui a fini 1er.

On a également fait un tournoi a Poitiers, voici une photo de moi pour immortaliser le moment 1509865_1037023729660094_2679657321497634999_n.jpg

Ca a été notre tout 1er tournoi en tant que délégation officielle, et on a porté haut les couleurs de Bordeaux, a Poitiers, l’un des fiefs d’une team devenue asso depuis, la Fatal Poké, qui compte parmi nos amis les plus proches.

Et on a également fait des tournois a Bordeaux, solo comme multis. Le principe d’un tournoi multi, c’est “on forme des équipes de 2 et on combat a 2 contre 2”. Et il s’avère que j’ai Illapa en duo, jeune femme qui se révèle être mon ex, et a personne en qui je fais le plus confiance

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Ici, on a terminé 3eme équipe du tournoi, derrière les intouchables Fatal Poké.

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Et ici, on a également terminé 3emes, derrière une équipe de joueurs de Brive qu’on a rencontrés ce jour la et avec qui on est en lien depuis.

Voila mes plus beaux souvenirs liés a Pokémon. Les rencontres, l’épanouissement que cela m’a procuré. Pokémon m’a tiré du trou, et graçe a ça je suis heureux. C’est ça, la magie de Pokémon, pour moi.

Sur cet étalage de ma vie, je vous laisse, et nomine donc Seilin3 et Jimbosebas a faire pareil que moi.

 

Merci, et a bientôt.

Keur sur vous ❤

Explication de mon absence

Bonsoir les gens.

Ce soir, je suis grave. Grave, parce que j’ai longuement hésité a faire cet article. Grave, parce que je sais pas comment il va être accueilli, et parce que j’ai peur de vous dévoiler ce qui va suivre.

Certains connaissent la raison. Vous, vous avez remarqué mon absence. Je vais vous expliquer cette absence. Je ne sais pas si l’article sera très long, après le pavé que je vous ai posté la semaine dernière ça risque de changer.

Alors, petite chronologie. Depuis mes 18 ans, je marche mal (j’en ai 25 depuis Aout) Et depuis toujours, j’étais assez maladroit de mes mains. J’ai fait plein d’examens pour la démarche. IRM, ostéopathe, podologue, kiné notamment, on n’a jamais rien trouvé. L’ostéopathe a été le 1er a me parler de neurologie. A ce moment la, on est en février 2015. De février a avril, on en parle a mon médecin traitant, il ne voit pas l’intérêt. Puis au final il accepte et me met en contact avec un neurologue. Rendez vous le 10 juillet (ah oui, ça traîne xD)

Donc le 10 juillet, un jeudi, je vais chez le neurologue. Toute la journée au boulot, angoisses, je me demande ce qu’il va trouver. L’examen arrive, électromyogramme (en gros, ça se passe en 2 parties. 1ere partie, il me colle des électrodes sur le corps et m’envoie des décharges électriques pour stimuler les muscles. 2eme partie, il me plante des petites aiguilles a certains endroits pour tester ma force). Ce qu’il m’annonce est pire que ce que a quoi je m’attendais : en gros, j’ai une affection des nerfs, qui baisse mes capacités physiques. Les nerfs de mon corps dégénèrent petit a petit. Si on ne fait rien, dans 10 ans je suis en fauteuil roulant, a vie. Heureusement, lueur d’espoir, le neurologue me dit qu’il n’est pas encore trop tard pour agir. J’ai des nerfs qui sont déjà morts, a cause de ça je n’ai plus de force dans les mains, plus de réflexes, plus d’équilibre, mais on peut empêcher la  maladie de se propager encore plus.

Cependant, il me prévient que ce sera contraignant. Il prend rendez vous avec un hôpital pas loin de chez moi. J’y vais du 20 au 23 juillet.

Entre temps, sous le choc, j’essaie de digérer cette nouvelle. Les gens, dans ma famille, mes potes, et sur Twitter sont top, a m’apporter tout plein de soutien. Le 20 arrive, un peu trop vite a mon goût. 3 jours pendant lesquels on me fait des tests, etc. Le dernier soir, arrive le spécialiste avec son interne. Et la, il me dit que je suis atteint de 2 maladies, liées l’une a l’autre : la polyradiculonévrite chronique, et la Neuropathie de Charcot-Marie-Tooth.

Mais quésacco que ça ? Faites moi confiance, je vous explique.

La polyradiculonévrite chronique, aussi appelée polyradiculonévrite démyélinisante inflammatoire aigüe ou PDIA, est une maladie rare (1,9 personne sur 100 000 a l’âge adulte) appartenant au spectre des Syndromes de Guillain-Barré (la flemme d’expliquer, sinon on va encore plus se perdre, si vous êtes intéressés googlez ça et puis basta.)

Son évolution se fait en 3 phases. La 1ere est caractérisée par une faiblesse musculaire progressive, pouvant provoquer une paralysie aigüe, des troubles sensitifs (fourmillements et engourdissements), des douleurs, et des crampes. Les muscles respiratoires peuvent être touchés, provoquant une insuffisance. de même que les muscles de la déglutition, et les muscles oculaires, provoquant une ophtalmoplégie.

Lors de la 2eme, ces symptômes la se stabilisent, mais d’autres peuvent apparaître. (arythmie cardiaque, hyper ou hypotension et troubles de la motricité gastrique)

Et pour finir, sur la 3eme phase, ces symptômes diminuent progressivement, laissant le patient avec des séquelles (faiblesse, troubles sensoriels, fatigue et douleurs) pendant plusieurs mois voir années. Et moi j’en suis a ce point la.

Bien que l’on ne connaisse pas les mécanismes pathologiques, la PDIA est liée a des macrophages (cellules du corps assurant la phagocytose) ayant infiltré les gaines des nerfs (aussi appelées myélines, qui sont des ensembles de lipides protégeant les fibres nerveuses.)

Son diagnostic clinique est extrêmement compliqué. Il repose sur 2 tests : l’électromyogramme dont je vous ai parlés plus haut, et la ponction lombaire, afin d’extraire et d’examiner le liquide céphalo-rachidien.

Le pronostic est variable, mais favorable dans la majeure partie des cas. 50% des personnes ont une récupération complète ou incomplète avec des séquelles mineures, 20% sont incapables de marcher a 6 mois (ce qui n’est pas mon cas vu que je traine cette inflammation depuis 7 ans déjà), et 3% des patients en meurent (ça me ferait chier d’en faire partie :v ). Cependant, et c’est mon cas, de la fatigue et une intolérance a l’effort peuvent traîner pendant des années.

pour finir, je dirais que la prise en charge par une équipe pluridisciplinaires en soins intensifs est obligatoire. Mon traitement consiste actuellement en des perfusions d’immunoglobuline toutes les 4 semaines, et ce pendant 3 a 5 jours. Si ceci ne marche pas, il faudra passer a la plasmaphérèse, ou transfert de plasma

La kinésithérapie et une rééducation sont aussi quasi obligatoires.

Et voila ou j’en suis. A louper 1 semaine tout les mois a cause de l’hôpital, tout les vendredis kiné, bientôt la rééducation, qui va nécessiter un arrêt de travail d’un mois …

Voila ma situation …Je n’avais pas, dans ces conditions, la tête à tenir un blog.

Voila. Je vous laisse sur cette conclusion, en espérant que vous me comprendrez, j’écris ces mots pour vous sensibiliser principalement. A une prochaine fois sur le blog.

EDIT : Nous sommes le 11 Avril, il s’est passé très exactement 6 mois et 1 jours depuis la rédaction. Je mets l’OST de To the Moon qui est totalement de circonstance pour l’occasion (coucou, je fais du placement de produit en toute impunité ! 😮 ) et j’écris ces quelques (nombreuses ?) lignes pour vous expliquer ce que cette maladie a changé dans ma vie.

Je vous préviens d’aavance, ça va être triste. Je ne cherche pas a me plaindre, ni a susciter votre pitié. Je fais cette démarche dans un but totalement explicatif. Pour que vous compreniez, et, peut être, en tirez les leçons que je tire, moi.

Bon, déja, il faut remonter au mois de janvier. Depuis mon article original, en octobre, jusqu’a Janvier, ça a été le calme plat. En janvier, ça faisait 6 mois que je subissais des perfusions tout les mois, que je me déplaçais a l’hopital. 6 mois, moment du 1er bilan. J’ai donc fait un électromyogramme, et des tests moteur. L’électromyogramme m’a confirmé ce que je pensais depuis peu, et craignait un peu : 6 mois de perfusion, quasiment aucune amélioration.

Il s’est avéré que ma maladie, la polyradiculonévrite, qui peut être soignée de manière plus ou moins longue si on la détecte rapidement, est tellement bien installée dans mon cas qu’elle ne guérira jamais plus. Elle est donc passée a la phase chronique.

Comme je vous expliquais dans l’article original, la polyradiculonévrite est ce que l’on appelle une “maladie auto-immune”. En gros, c’est les phagocytes (des cellules que tout corps humain possède en lui, qui “mangent” les corps étrangers pour en débarasser notre corps) qui ne reconnaissent pas mes nerfs et les attaquent. Un nerf étant séparé en 2 parties : la myéline, qui est une couche protectrice composée de lipides, entourant l’axone, le coeur du nerf, étant constitué des fibres nerveuses.

Dans le cas de la polyradiculonévrite, les phagocytes attaquent la myéline en premier. Mais que se passe t’il si on laisse la maladie faire son oeuvre, et que les phagocytes attaquent la myéline assez profondément pour avoir accès a l’axone ? …Bah ils attaquent l’axone.

Ca ne vous parle peut être pas comme ça, mais, comme vous le savez, le corps humain est constitué : d’un squelette, de muscles, de nerfs, de circuits sanguins et d’organes. Les 2 derniers ne nous intéressant pas dans notre cas, laissons les de côté.

Donc, la fonction du squelette est de créer et maintenir ta posture. Et la, je vais revenir sur un point que j’avais mentionné lors de l’écriture de l’article original, sans expliquer plus avant. Certains m’avaient d’ailleurs demandé pourquoi je l’expliquais pas (coucou Darky p’tit frère, tu as vu je me souviens que tu me l’avais dit x) ) : la Neuropathie de Charcot-Marie-Tooth.

Il s’agit d’une affection, d’origine génétique, qui est a l’origine de ma polyradiculonévrite, mais qui n’est quasiment pas responsable de mon état. Sa seule incidence, est au niveau du squelette. A cause d’elle, j’ai les mains déformées (ce qui est responsable de mon arthrose), les chevilles exceptionellement fragiles et graciles, et les pieds creux et déformés.

Si la base du squelette est fragile et déformée, comment pourrais je avoir une posture normale ?

Passons au 2eme point, les muscles. Eux, ils permettent a notre corps de bouger, faire des actions, etc …et sont commandés par le cerveau, qui est le muscle principal d’une vie “normale” (le coeur est le muscle principal de la vie, si le coeur s’arrête tu meurs, mais si le cerveau est déficient tu peux continuer a vivre sauf que tu n’auras plus toutes tes capacités). De ce côté la, je n’ai pas de problème. Mes muscles ne sont pas attaqués, je peux bouger, et tout, mais …j’y reviendrais plus tard.

Maintenant, passons au point qui nous intéresse : les nerfs. Les nerfs sont, plus ou moins, les intermédiaires du cerveau aux muscles. Le cerveau est l’ordinateur central, il donne un ordre a tel muscle, sous la forme d’un signal électrique, et les nerfs, qui sont connectés au cerveau et au reste du corps, transmettent ce signal électrique au muscle qui doit le recevoir. Dès que le muscle le reçoit, il agit en conséquence.

Mais si ce …tuyau, qu’est le nerf, est endommagé, que se passe t’il ? Bah le signal électrique perd en qualité, et la réponse perd aussi en qualité. Et s’il est mort, le signal ne passe pas, et donc, aucune réponse. Et donc, voila l’explication microscopique de mon état.

Passons a l’explication macroscopique, c’est a dire ce que cela implique sur ma vie de tout les jours. De 1) vous l’avez compris, du fait que mes nerfs soient endommagés, je perds mes capacités physiques. Je perds en force, en vitesse, en équilibre, j’ai moins de reflexes …car oui, un reflexe est une action tellement rapide que le cerveau n’a pas le temps de l’analyser. Mais il envoie quand même un signal électrique. Lequel signal met plus de temps a arriver au muscle visé du fait de l’état de dégradation de mes nerfs.

Je perds donc mes capacités physiques, ma posture est pas optimisée du fait de la déformation de mon squelette, et puis …la maladie comme mon traitement prennent leur dû sur mon énergie. Mon corps lutte contre la maladie, qui elle absorbe mon énergie. Contrairement a une personne non malade, j’ai donc moins d’énergie. Cela veut dire que j’ai une quantité donnée d’énergie par jour, au contraire d’une personne normale qui peut s’épuiser autant qu’elle veut sans risque, et que si j’épuise ma quantité d’énergie avant la fin de la journée, je prendrais sur l’énergie du lendemain. Quantité d’énergie qui peut être réduite si tu es malade, si tu dors mal durant la nuit, ou autre.

Ceci a été expliqué il y a quelques temps. On appelle ça la théorie des cuillères, cliquez sur le nom pour lire le texte en entier.

Voila mon état. Ah, et aussi. Dois je préciser que mon traitement est assez lourd, et pas sans risque pour mon corps aussi bien que pour mes veines ? J’ai 25 ans, 9 mois que je suis perfusé, et ait les veines totalement sclérosées. Et le corps défoncé. Au moment ou je vous écrit ça, j’ai mal partout, les bras en train de trembler, les jambes si douloureuses qu’elles ne me tiendront pas si je me lève, en sueur, et je tremble de froid alors qu’il fait 23 degrés dans la salle ou je suis.

Je suis actuellement en discussion avec le docteur responsable de mon traitement pour me faire poser une chambre implantable, car oui, mon traitement durera a vie. Si je l’arrête, la maladie reprendra quasi immediatement son avancée et il ne s’agira que d’une question de mois, peut être d’années, avant que je sois en fauteuil roulant incapable d’accomplir la même action de moi même.

Je le répète, je ne dis pas ça pour me plaindre. Je me bats contre la maladie, je n’en profite pas. Je lui fais un doigt (enfin, symboliquement, hein ? 😀 ) et continue de vivre ma vie. Si vous avez des difficultés dans votre vie, surmontez les. Ne vous laissez pas abattre.

…Ce sera tout pour moi ce soir.

 

J’ai vu …Vers l’autre rive.

Ohayo minna san !

Ça fait 3 mois que je n’ai plus posté sur le blog, la raison de cette absence viendra dans les prochains jours. En attendant, il est temps que cette absence se termine. Et, pour se faire, je vais vous parler d’un film que j’ai vu vendredi.

Mais, avant de parler du film, permettez moi de vous présenter rapidement le réalisateur. Même si les puristes le connaissent, ce n’est pas le cas de tous.

Kiyoshi Kurosawa, donc, est un réalisateur japonais né le 19 Juillet 1955 a Kôbe et est considéré comme un maître du cinéma japonais, ayant largement contribué a son redressement, notamment en Occident. En revanche, bien qu’ils aient le même nom de famille, il n’a aucun lien de parenté avec Akira Kurosawa

Il est considéré à ses débuts comme étant de l’école du Super 8 . En effet, de 1974 a 1983, il tourna pas moins d’une dizaine de films dans ce format, avec des réussites diverses. En 1980 il signe un moyen métrage, Vertigo College, récompensé au PIA Film Festival, qui lui ouvre les portes du cinéma.

En 1983, il est embauché par la Nikkatsu, qui étaient donc dans leur période de Pink Eiga, ou romance pornographique. Il y connaît un succès pour le moins limité. Il y réalisera 2 films. Le 1er, Kandagawa Wars (Kandagawa inran sensô en japonais ) ne satisfait pas le public car ne contient pas assez de scènes érotiques. Le 2eme, Joshi Dazei : Hazukashii seminar ne sera finalement pas distribué. Kurosawa décide de le racheter, et le film sortira finalement en 1985 sous le joli petit nom de The Excitement of the DoReMiFa Girl

Seul problème, les conséquences de cet acte sont lourdes pour lui. Il est placé sur la liste noire des producteurs, et sa carrière s’arrête brutalement.

Néanmoins, il revient dans le circuit en 1989, après 4 ans passés à enseigner a la Film School of Tokyo. Il signe en effet un film extrêmement important pour lui, qui signifie son retour dans le cinéma : Sweet Home, un film oscillant entre The Haunting de Robert Wise et Poltergeist, la trilogie de films produite par Steven Spielberg

De 1990 a 1994, il tournera pour la télé Japonaise Kansai TV, principalement des films d’horreur. En 1992, il écrit un ouvrage, nommé Eizo no Karisma : Kurosawa Kiyoshi Eigashi, et bénéficie d’un logement au Sundance Institute pour finaliser l’écriture de son film Charisma.

La célébrité et la reconnaissance lui arrivent en 1997. Cette année la il sort Cure, film considéré comme étant son meilleur a ce jour, son 1er film à s’exporter en Occident en 1999. Film suivi peu de temps après par Charisma et Kaïro. Jellyfish, sorti en 2003, est quand à lui présenté en compétition officielle au Festival de Cannes.

Dans ses films, Kurosawa aborde beaucoup de sujets. Il affectionne particulièrement le thriller, mais ses films traitent beaucoup de problèmes relationnels entre personnes. Le suicide, les tueurs, mais aussi des relations moins “dramatiques”, comme dans Charisma et Jellyfish. Suite à ça, il sort entre 2003 et 2013 pas moins de 13 films, dont la plupart connaissent le succès en occident, tout en gardant sa patte et son style si particulier.

De 2013 a 2015, il ne sort plus rien. Et nous voila arrivés a la partie qui nous intéresse.

Effectivement, le 17 Mai 2015 est présenté au Festival de Cannes le film Vers l’autre rive, qui remportera le prix Un certain regard. Et comme des images valent mieux que des mots, je vous laisse la Bande Annonce avant de vous livrer mon analyse.

Comme vous pouvez le voir, le film traite de l’un des sujets favoris de Kurosawa, à savoir les relations entre les morts et les vivants. Mais la ou les fantômes précédents étaient porteurs d’inquiétude et de désespoir, Kurosawa nous offre une ode à l’harmonie et a l’amour. Yusuke ( Tadanobu Asano ) le mari mort depuis 3 ans de Mizuki ( Eri Fukatsu ) revient la voir pour lui proposer un road trip afin de lui montrer ce qu’il à fait ces 3 dernières années.

Adapté du livre Kishibe no Tabi de Kazumi Yumoto, une auteure japonaise, le film raconte comment les liens amoureux entre une femme et son mari résistent aussi bien à la mort qu’au temps qui s’écoule. Nous traversons donc le Japon rural, spectateurs un peu perdus que nous sommes. Les paysages sont magnifiques, loin des clichés de la belle et grande Tokyo. Nous sommes dans un monde à part, encerclés par les rizières et les forêts, cahotant sur des chemins de terre battue dans des bus de campagne.

Ici, on peut constater une pauvreté évidente. C’est pas non plus criant, mais ce n’est pas Tokyo. Dans le même temps, Kurosawa nous montre les liens unissant les gens. Du marchand de journaux au cuisinier, en passant par les travailleurs des rizières, tout le monde semble connaître Yusuke, et est heureux de le revoir ainsi que de rencontrer Mizuki. Le parallèle entre voyage et relation amoureuse fait penser à Voyage a deux de Stanley Donen.

Voila pour le synopsis, en gros. Passons désormais à mes impressions. Ce film n’est clairement pas a la portée de tout le monde. Beaucoup risquent de le détester, car ce film nous force à nous interroger sur nous mêmes, et est limite “gênant” pour le spectateur. Plus que les relations de couple, Kurosawa nous transmet ici une vraie philosophie des relations entre personnes. Ce que le film veut nous transmettre, une seule visualisation de l’œuvre ne nous permet pas de l’appréhender. C’est abstrait, indéterminé. Pour peu qu’on y soit réceptif, on ressort changé de la séance.

En effet, Kurosawa a exprimé, au moins en partie, cela, en disant ” En Japonais, il existe un verbe qui désigne le fait d’accompagner une personne mourante, autrement dit de veiller sur elle jusqu’à son trépas : mitoru. Reste à savoir s’il est possible de traduire avec subtilité toutes les nuances de ce mot dans une langue étrangère… Rares sont ceux qui ont vécu l’expérience de rester au chevet d’une personne sur le point de partir, de prendre délicatement sa main et de partager une émotion en ne quittant pas son visage des yeux. Par chance, je n’y ai moi-même encore jamais été confronté, mais aux dires de ceux qui l’ont été, ces quelques jours, ces quelques heures de face-à-face sont un moment de partage précieux et véritablement sacré. À l’intérieur de ce moment, le passé qu’ont partagé les deux personnes, le passé de chacun qui jusque-là demeurait inconnu de l’autre, mais aussi le futur que les deux personnes seront un jour amenées à expérimenter, tous ces instants sont évoqués, évalués et compris. Dans la réalité, ce dialogue émotionnel extrêmement intime a lieu au chevet d’un lit. Mais dans le monde de la fiction, pourquoi ne pas étirer au maximum le temps et l’espace nécessaires à ce processus et le narrer sous la forme d’un «voyage» ? C’est sur ce postulat osé que l’œuvre littéraire originale, Kishibe no tabi, a été construite. Au regard de mon expérience acquise en tant que réalisateur, le sujet qui m’attire le plus à l’heure actuelle, c’est l’adaptation au cinéma d’une vision comme celle-ci.

Depuis longtemps, j’ai l’idée que le corps et l’esprit existent à des niveaux différents. Ainsi, il m’a toujours semblé hâtif de penser que la mort emportait l’un et l’autre simultanément. Pour autant, lorsqu’il s’agissait de traiter des morts au niveau fictionnel, mon inspiration se limitait à une trame telle que : « Ils deviennent des fantômes et s’évertuent à mener une vengeance obstinée. » Comme vous le savez, cette figure du fantôme est un classique, qui existe depuis longtemps dans les kaidan (films d’épouvante) japonais aussi bien que chez Shakespeare. Dans Vers l’autre rive, un tout nouveau type de mort fait son apparition. Mieux, la figure décrite ici est fondamentalement différente des fantômes habituels. Emporté par une mort provisoire (une mort physique), Yusuke reste en ce monde trois ans de plus afin de se préparer doucement à son véritable départ (la disparition de son esprit). Que cet homme continue impassiblement de posséder un corps n’est que tout naturel. Pour commencer, le corps est un système mouvant qui n’a rien à voir avec une matière comme la roche. Des expériences ont prouvé que la matière qui constitue le corps, à commencer par le cerveau, est intégralement renouvelée au bout d’un an. Partant de ce constat, penser que le corps serait le socle de l’esprit est insensé. Or bien que je ne comprenne pas cet effet miraculeux selon lequel l’esprit se tient au dessus d’un système en perpétuel renouvellement, je peux néanmoins affirmer qu’il n’appartient pas au champ de la matière. Ainsi, même si le corps initial a déjà disparu, il est tout à fait plausible d’imaginer qu’il puisse à nouveau prendre forme. De même, il n’y a rien d’étonnant à imaginer que l’esprit vagabond de Yusuke se pose à nouveau au-dessus. D’ailleurs, il mange, dort et sa barbe pousse.

L’autre protagoniste de l’histoire est Mizuki qui se blottit contre ce défunt provisoire qui vient à elle, puis voyage avec lui et accomplit doucement la tâche d’accompagnement. Emmenée par Yusuke, elle fait de nombreuses rencontres, en particulier des personnes en transit comme lui. Au cours du voyage, Mizuki apprend « qu’on ne peut pas revenir en arrière », mais elle se raccroche au faible espoir qu’en ne cessant de prolonger ce voyage, le provisoire restera provisoire, et que leur quotidien ensemble se poursuivra comme avant. Mais est-ce réellement possible ? Quoi qu’il en soit, les trois ans d’absence de Yusuke seront progressivement comblés, et Mizuki goûtera à une plénitude jusque-là jamais ressentie. Leur passé commun, leur passé manquant et leur avenir commun seront évoqués, évalués et compris. Il me semble qu’à ce jour aucun film n’a encore jamais dépeint le fait d’être accompagné vers la mort de façon aussi vivante qu’à travers l’histoire d’amour de ce couple. “

(Note d’intention du réalisateur lors du Festival de Cannes)

Non content de traiter de thèmes poignants, la réalisation globale du film sert magistralement bien les intérêts de celui ci. Les plans relèvent du génie, on alterne gros plans et plans d’ensemble, plongée et contre plongée, de manière à nous laisser dans le trouble tout le long du film, et l’OST globale est soit mélancolique, soit joyeuse, de manière a ce que l’on ressente de nous même les émotions des différents protagonistes. Seuls reproches que je pourrais faire à ce film, c’est une légère prévisibilité, et quelques petites longueurs de temps en temps. Défauts qui sont vite oubliés au vu de ses grandes qualités.

Kiyoshi Kurosawa à pris un gros pari en nous offrant ce film, à savoir créer une œuvre sur un style qu’il ne maîtrise pas forcément. Loin d’être mauvais, ce film est sa plus grande réussite pour moi. Un pur chef d’œuvre, qui m’a bouleversé. Mon cœur me somme de lui mettre la note parfaite, mais ma raison me dit le contraire. Je lui donne donc un 9,5/10, et vous conseille chaudement d’aller le voir.

Sur ce je vous dit bonne soirée, et à bientôt.

J’ai vu … Tale of Tales

Bonjour les gens, ou bonsoir, suivant l’heure a laquelle vous lirez ce billet.

On est vendredi, je suis en Week end, pour 4 jours (14 juillet, je t’aime ❤ ) et je me suis décidé a lancer une nouvelle catégorie dans mon blog. J’ai décidé de l’appeler “J’ai vu …”

En gros, quand j’irais voir un film, et que je serais décidé a en parler dans mon blog, j’en parlerais dans cette catégorie.

Donc, comme vous avez pu le deviner en lisant mon titre, je vais parler ici de Tale of Tales. Ce film, sorti en France le 1er Juillet 2015, a été présenté au Festival de Cannes. Avant de vous en parler, je vous met donc la bande annonce, profitez en pour regarder.

Voila. Comme vous pouvez le voir, il s’agit d’une œuvre que je qualifierais de “médiévalo-fantastique”. Je l’ai vu dans la semaine et j’en suis ressorti changé. Ce film est une adaptation filmique du recueil de contes Le Conte des Contes, de Giambattista Basile, un auteur italien (nom  original “Lo cunto de li cunti overo Lo trattenemiento de peccerille” plus communément appelé le “Pentamérone” )

Le recueil d’origine regroupant 50 contes, le réalisateur, Mattéo Garrone, qui a notamment réalisé Gomorra, a choisi d’en développer seulement 3. 3 gravitant autour de 3 femmes de différents âges, montrant le déroulement de la vie (jeune adulte, femme dans la fleur de l’âge, et femme âgée)

On voit ces 3 histoires racontées de manière parallèle, elles ne se rejoignent jamais sauf sur la toute dernière scène.

Voila pour la présentation du film. On va passer a mes impressions, avis, etc …

Donc ce film, je l’ai vu dans la semaine. J’en avais un peu entendu parler avant, mais j’avais pas d’avis particulier dessus, donc quand on m’a proposé de le voir, j’ai accepté. Il faut savoir que je suis un cinéphile particulier, je préfère un film qui me fera réfléchir, un film d’auteur, a un gros blockbuster bourré d’explosions, d’action, etc …mais ce genre de film, dit “d’auteur” est quand même particulier. Soit tu aimes, soit tu aimes pas. Tu ne peux pas avoir d’avis partagé dessus. Et Tale of Tales …je crois que je ne l’ai pas aimé.

J’adore le folklore, les contes de fées tout ça. Et j’ai l’impression que Basile, quand il a écrit son recueil, a beaucoup pioché dans le folklore des pays de l’Est européen, notamment le Hongrois, qui est plein de surprises (si vous aimez les cultures étrangères, intéressez vous a la Hongroise. Beaucoup d’écrits sympas, et des musiques vraiment excellentes, coucou Lizst)

Alors oui, on est a des années lumières de Disney la niveau conte de fées. C’est souvent violent, parfois gore, très cru et sans aucune forme de pitié. Ceci explique peut être pourquoi j’ai pas aimé.

Les personnages sont d’une profondeur assez étonnante pour un film du genre, tout tourne autour de paradoxes. Pour citer Garrone, il a fait ce film car il appréciait que les contes de Basile “passent en revue tous les opposés de la vie : l’ordinaire et l’extraordinaire, le magique et le quotidien, le royal et l’obscène, le simple et l’artificiel, le sublime et le sale, le terrible et le tendre, des bribes de mythologie et des torrents de sagesse populaire. Les contes racontent les sentiments humains poussés à l’extrême.

Ce film, en gros, nous fait prendre conscience de beaucoup de trucs que l’on aimerait laisser de côté. Il nous apprend que toute amitié peut être fragile, qu’il ne faut jamais laisser quelqu’un nous dicter nos choix, et que la jalousie peut nous pousser a accomplir des actes inconsidérés.

En dehors de ces messages négatifs, comme tout dans ce film repose sur un paradoxe, il nous dit aussi que l’on retrouvera toujours une vraie amitié, que l’on peut pardonner beaucoup de choses, et de croire toujours en soi.

Mon avis final : Tale of Tales est un film que je n’ai pas aimé, mais que j’ai apprécié regarder pour la profondeur psychologique de son message. Niveau réalisation, il est plutôt mal fait, notamment les passages entre les différents plans qui donnent l’impression d’avoir été faits par un stagiaire, mais c’est rattrapé par la magnificence des paysages et des costumes. Un film que je conseille de voir pour qui est intéressé par le cinéma ^^