La Lune, rêve inaccessible ? (Critique de To the Moon)

Il est de ces jeux, des fois, qui nous transportent dans leur propre univers, et qui, l’espace de quelques heures, nous permettent de rêver, comme un enfant peut le faire. To the Moon fait partie de ce genre de jeu.

Mais qu’est ce que To the Moon, exactement ? Eh bien, il s’agit d’un jeu développé par le studio indépendant Freebird Games, un studio fondé par le canadien Kan R. Gao, qui se targue d’être un “RPG-Aventure” possédant beaucoup de similitudes avec le style du Point’n’click, et racontant une histoire, un peu comme un Visual Novel.

Qui dit RPG dit, souvent, combat, gestion de l’experience, tout ça tout ça. Oubliez ça ici. A part une scène a portée humoristique, le jeu ne possède pas de combat.

L’histoire semble, en apparence simple. Nous contrôlons 2 personnes, les docteurs Neil Watts et Eva Rosalène. Ce sont deux docteurs qui contrôlent la mémoire des personnes pour leur permettre de réaliser leur voeu le plus cher, au biais d’une machine. C’est bien beau me direz vous, mais il s’avère vite que le processus est si compliqué que les docteurs Watts et Rosalène ne peuvent le réaliser que sur des personnes aux portes de la mort.

Le docteur Watts est du genre a avoir la plaisanterie facile, trolle parfois beaucoup, et parle beaucoup de “culture geek” (comme qui dirait) et de jeux vidéo, pendant que le docteur Rosalène est plus sérieuse et réservée, et n’hésite pas a ramener son collegue a l’ordre. Les discussions entre eux deux font tout le sel du jeu, avec des piques fréquentes envoyées a l’un ou l’autre et des discussions a mourir de rire parfois.

Nous commençons le jeu dans une grande maison a flanc de falaise, cotoyée seulement par un phare. Lequel phare sera très important dans l’histoire. La maison est occupée par un vieil homme appellé Johnny, en fin de vie, qui est assisté par une femme appellée Lily et ses 2 enfants. Vieil homme en fin de vie + docteurs Watts et Rosalène …je dois vous faire un dessin ? 😛

Bref. On apprend que le voeu le plus intense de Johnny est d’aller sur la Lune (d’ou le titre du jeu), mais personne, pas même lui, ne connait la raison qui le pousse a vouloir tellement que ce souhait se réalise. Donc, les docteurs sont obligés de remonter ses souvenirs pour comprendre POURQUOI il souhaite tellement ça.

Et la, un 2ème problème se pose. Johnny est en fin de vie, très faible, et cette opération est très exigeante. Il faut faire en sorte que cette opération ne lui coûte pas trop pour, ensuite, pouvoir réaliser son rêve.

Donc, nous voila partis dans les souvenirs de Johnny, a remonter toute sa vie en sens inverse, de la vieillesse a l’enfance. Nous découvrons également sa femme, River, que Johnny aimait tellement qu’il a tout sacrifié pour elle. River, qui était pour le moins …bizarre. Nous entendons également parler d’une certaine Anya, dont le spectre flotte au dessus de la relation entre River et Johnny, mais qu’on ne voit jamais.

Nous en apprenons beaucoup sur les penchants de Johnny, son goût pour les olives, etc. Nous apprenons ses secrets les plus enfouis, pourquoi sa mère, étant gamin, l’appelait Joey.

Tout cela accentué par la réalisation artistique du jeu. Faite entièrement par Kan Gao, le jeu est dévellopé via RPG Maker, en 2D, ce qui apporte un certain charme. La musique est également composée par Kan Gao, avec l’aide de Laura Shigihara, qui a prêté sa voix pour une chanson. La bande son est l’une des plus belles qu’il m’ait été donné d’écouter de toute ma vie, et renforce tellement le côté immersif du jeu

Juste en dessous, voici une vidéo montrant une scène du jeu. Potentiel spoil, je ne vous conseille pas de la regarder si vous ne voulez pas vous spoiler

Bref, ce jeu, représente pour moi tout ce que l’on entend quand on parle du jeu vidéo en tant qu’art. Il ne possède pas forcément des graphismes photoréalistes, mais ils servent parfaitement les intérêts du jeu en tant qu’ensemble. La musique est magnifique et sert aussi les intérêts du jeu, qui, l’espace de 4 a 6h, nous permet de nous évader, rentrer dans un autre monde et suivre les pérégrinations attendrissantes d’un vieil homme.

Faites ce jeu.